Publié par : Mehdi | avril 14, 2008

J’ai toujours revé d’être un gangster.


Samuel Benchetrit est un personnage cinématographique. S’il n’existait pas, il aurait sûrement été inventé par un scénariste américain et interprété par Georges Clooney. Benchetrit, c’est une espèce de beau gosse nonchalant toujours la clope au bec, ex de Marie Trintignant et qui est une sorte d’artiste à tout faire. Un jour acteur, le lendemain écrivain et le surlendemain réalisateur.
S’il avait déjà fait un premier film remarqué avec « Janis et John », dans lequel Marie Trintignant et François Cluzet jouaient des sosies de Janis Joplin et John Lennon, Benchetrit a gagné en médiatisation avec ses « Chroniques de l’asphalte ». Cela auraît pu être le titre d’un album de rap. C’est le nom qu’a donné Samuel Benchetrit à deux de ses livres. Dans ces ouvrages, il racontait son enfance en banlieue, les coups durs qu’il y a vécu, les anecdotes, le métissage, la violence, les rires…Bref, la vie. Depuis cs livres, j’ai mémorisé le nom de Samuel Benchetrit.

Et voilà qu’en 2008, il revient avec un deuxième film « J’ai toujours rêvé d’être un gangster ». Au premier abord, on voit une superbe affiche. Anna Mouglalis, poitrine à découvert, porte son enfant, un pistolet rangé dans son pantalon. L’image est forte mais n’est pas nouvelle. En effet, elle n’est que la version féminisée de l’affiche du film de 50 Cent « Get rich or die tryin' » (A voir, ne serait ce que, pour une fois, 50 fait dans la mesure, sans cabotiner). C’est clair, le film de Benchetrit sera plein de références.
Avec cette affiche et les derniers livres de Benchetrit, on s’attend à un long-métrage très urbain, violent, une sorte de transposition à l’écran des « Chroniques de l’asphalte ». On s’attend à voir une Mouglalis filmée en femme courage dans un film aux effets stylistiques calqués sur De palma et Scorsese avec des gros méchants et de la soul en fond sonore.

Il n’en sera rien. Si « J’ai toujours rêvé d’être un gangster » est bien une sorte d’hommage à toute une série de films, il frappe par sa lenteur. En premier lieu, il s’agit clairement d’un film de fan. Benchetrit aime Audiard et le fait savoir en réunissant 5 vieux briscards pour un dernier braquage. D’ailleurs, le caractère absurde de la scène où Rochefort et ses potes se rendent compte que leur associé n’est pas vraiment malade (enfin…) a l’air tout droit sorti d’un Woody Allen. Benchetrit aime Jarmusch et se moque de le copier royalement en réunissant cette fois Bashung et Arno. Benchetrit aime le cinéma muet et n’hésite pas à filmer toute une séquence sur le modèle des films de Chaplin. Benchetrit aime Belmondo, Pacino, Bogart, Jean-Louis Trintignant et n’hésite pas à afficher leurs photos dans le bar où Anna Mouglalis travaille.

D’un autre côté, le film est lent. Les plans séquences sont récurrents et le film prend le temps d’installer à chaque fois le contexte des 4 sketchs que Benchetrit va présenter. Si le film présente certains temps morts (le face à face Bashung/Arno ou la dialogue de départ entre Anna Mouglalis et Edouard Baer), ces derniers sont largement compensés par les quelques scènes anthologiques qu’il propose. Au premier rang desquels figure la scène de kidnapping raté qui devrait faire date.

« J’ai toujours rêvé d’être un gangster » est un film simple qui fait la part belle aux acteurs et aux dialogues. Point d’esbrouffe ou d’effet de style. C’est le film d’un fan qui cherche à nous dire pourquoi il aime le cinéma. Voilà pourquoi j’ai aimé son film.

Et Drew Barrymore ressemble à un hamburger.

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