Publié par : Mehdi | novembre 8, 2009

Arnaques, rimes et achats de disques.

Je ne sais pas pour vous mais, en ce qui me concerne, c’est toujours un véritable plaisir d’aller acheter un disque. Se déplacer chez mon disquaire préféré ou à la FNAC la plus proche, se frotter énergiquement les mains avant de pénétrer dans le rayon désiré, remuer frénétiquement les bacs, trouver l’album que j’étais venu chercher, le reposer après avoir aperçu la pochette d’un disque que je connais par coeur mais dont la pièce originale fait encore défaut à ma collection, prendre un mètre de recul, fouiller ses poches et se rendre compte de mon faible pouvoir d’achat, prendre deux mètres de recul, changer de rayon histoire de s’aérer l’esprit, revenir au point de départ, prendre les deux disques convoités en sachant pertinemment que le menu du soir affichera le combo pâtes/coca. Oui, un vrai plaisir.

Néanmoins, il serait évidemment malvenu de blâmer automatiquement le téléchargement. Déjà parce qu’il permet de diffuser très facilement la musique de n’importe quel rappeur de chambre mais aussi parce qu’il peut nous empêcher de regretter terriblement un achat. Et se rendre compte que l’on a acheté un mauvais disque devant un plat de pâtes pas cuites, c’est franchement douloureux.
Petit passage en revue de quelques arnaques savamment orchestrées par vos rappeurs préférés (ou pas).

10. Gyneco, l’opportuniste l’électron libre.

Bon, c’est vrai, il ne s’agit pas de l’achat d’un disque. Mais tout de même, il y avait de quoi se sentir roulé par le chavirement politique annoncé par Doc Gyneco avant la présidentielle. Et même si Thomas N’gijol ne vise pas dans le mille à tous les coups, il a le mérite de rappeler cette phrase prononcée dans ‘Oye Sapapaya » : « Je suis nègre, juif et communiste, allez leur dire aux Lepénistes ». Entre un featuring avec Chiara Mastroianni et RZA, il précisait également sur « Quality Street » pencher « à gauche comme le Kouchner ». Mais comme le rappelle Olivier Cachin à chaque fois, il n’y pas de quoi en faire tout un plat. Après tout, « James Brown avait bien appelé à voter Nixon en son temps ». Mouais…

09. Papoose

On nous avait préparé à ce qu’il soit en rotation intensive dans nos Ipods. Des freestyles remarqués, une flopée de tapes, le parrainage de DJ Kay Slay, les beatmakers les plus côtés annoncés sur son premier album et… le titre de sauveur de New York en prime. Pour un premier extrait officiel produit par Scott Storch avec Snoop Dogg en featuring. Aujourd’hui, personne ne sait vraiment ce qu’il fait.

08. Le poids des maux

Après un excellent premier album, le deuxième opus de Pit Baccardi était forcément attendu par les fans de la première heure. Et l’homme à la casquette blanche s’était particulièrement bien entouré pour l’occasion : l’inépuisable Djimi Finger (mais où est-il passé ?) côtoyait un Yvan au top de sa forme. En pleine période post-Blueprint, les beatmakers avaient déroulé un tapis rouge à Pit. Qui, pour être gentil, n’a pas vraiment fait le boulot correctement. En ayant pris le parti de jouer les « rappeurs conscients » au détriment de l’aspect divertissement qu’il pouvait y avoir dans son premier opus, ses couplets bâclés et son flow monolithique rendent une deuxième écoute du disque presque dispensable. Dommage, vraiment.
Remerciements à la médiathèque de Melun qui m’a donné la possibilité d’emprunter ce disque avant de faire une terrible erreur à la Fnac.

07. Joaquin Phoenix.

C’est pas moi qui le dit mais Yahoo.

06. ‘Anything’/’Dear summer’.

Il y a deux raisons d’interpréter cette arnaque là. On peut, d’abord, penser que Jay-Z a arnaqué ses potes en plaçant un morceau solo sur leurs propres albums. Et puis, on peut ensuite se dire qu’il y avait aussi une volonté d’arnaquer les groupies de Jigga qui, en voyant ça, se seraient ruer sur les albums des autres soldats de Rocafella. D’autant plus qu »Anything’, présent sur « The truh » de Beanie Siegel a été clippé. L’autre morceau étant ‘Dear summer’ présent sur « 534 » de Memphis Bleek.

05. Rick ross, everyday he’s hustlin’.

Oui, Rick Ross, le mec qui a fait « Port of Miami » est un ancien flic. Et comme en France on fait tout après les américains, on a nous aussi notre cop/rapper depuis peu.

04. Chiens de Paille, avant et après.

De ça :
« Accrocs des ondes radios, trop d’ados croient au rap Eldorado. Ce lot de ragots, gros gâteaux, majors, beaux bateaux, stocks de gos, plateaux de coke, corrados, flots de bravos, photos, autographes. Ronaldo des charts, porte-drapeau de polo Ralph Lauren. Hauts de tableaux. Trop de vidéo-clips aux idéaux de riches, niais, nocifs, ciblés d’office, Filet-o-fish pour le crâne avec tout le brio de M6. Trop de minots privés trop petits, de visées, d’optiques. Le cerveau vrillé trop vite, en manque de rêves, se sont rivés aux tripes nos envies de briller aussi. Trop de rimes anodines. Tant de mômes se fient à nos dires, vibrent à nos rythmes, fidèles aux titres malgré ce que leurs fille-mères peuvent dire. Le besoin de méditer, la fibre de nos lyrics, d’une existence « série B ». Trop de gimmicks priment au prix de lyrics. Je viens pas vendre du rêve, c’est pas le monde de « Fame », genre « on s’aime tous », « ton frère est mon frère ». Je suis pas de ceux qui enseignent, pleins de conseils mais que rien ne concerne. A mon sens, l’ignorance : le coup de grâce aux coupables d’innocence. »

à ça :

03. Samplin’ to the beat of the Drum.

On ne lui en veut pas à Daz. Beatmaker de génie, rappeur au flow hélicoptère addictif (copyright Danydaz187) et doté d’une discographie qui n’en finit pas de s’allonger, Delmar Arnaud a bien le droit de se planter de temps en temps. Mais de là à se moquer de son public, il n’y a qu’un pas…Qu’il a franchi allègrement avec ce disque qui s’apparente en fin de compte à une joyeuse gaudriole. Une vingtaine de pistes dont certaines durent parfois vingt secondes et composés de trois pauvres coups de cymbales. Et souvent ponctuées par des éclats de rire qui nous laissent imaginer l’atmosphère dans laquelle l’album a été réalisé.
Profitez justement d’Internet pour vous offrir une écoute détendue de cet ovni.

02. Kool G Rap, « Dead or alive ».

La preuve qu’Internet a ses bons côtés : quand vous n’avez pas entendu parler d’un disque sur la toile, n’allez pas vous jeter dessus lorsque vous le voyez dans un rayon. Sur le coup, je ne peux vraiment m’en prendre qu’à moi-même. Une pochette foireuse, un CD Shade 45 en bonus, la mention DJ Whoo Kid…Malgré tous ces indicateurs, j’y suis quand même allé gaiement. Sur le moment j’ai dû trouvé plutôt excitant que G Rap fasse une tape en partenariat avec Shadyville. Sans réaliser que ça ne signifait pas forcément qu’il y aurait des morceaux avec Eminem et Obie Trice dessus.
Jusqu’à aujourd’hui, je ne l’ai pas réécouté, trop déçu par des morceaux qui ne démarrent pas et des coups de feu à répétition lors de la première écoute. Peut-être qu’il y a finalement quelque bons moments à tirer de ce disque. En regardant le tracklisting, je me rends compte qu’il y a même un morceau avec Bun B dont j’avais oublié l’existence. Allez, je me la réécoute…

01. Lloyd Banks featuring Rakim.

Une erreur d’imprimerie sûrement. Au moment de finaliser l’emballage du disque, un distrait a dû écrire « featuring » à la place de « scratch ». Sûrement zélé, il a même mis l’information sur le sticker de l’album. Comme ça, tout le monde pouvait savoir que Lloyd Banks avait eu Rakim en featuring sur son album.
Bon, je n’ai pas acheté « Rotten Apple ». Mais j’aurai pu hein. Déjà parce que le premier album de Banks avait quelques excellents moments. Ensuite, parce qu’il est vrai qu’un featuring de Rakim avait quelque chose d’intrigant. Là encore, il faut remercier Internet. Sans ça, je me serai probablement perdu dans les bacs de la FNAC, aurait attrapé le disque de Lloyd Banks et commencé à fantasmer sur le « featuring Rakim » présent au dos du disque avant de prendre une sérieuse déconvenue une fois de retour à la maison en réalisant qu’il s’agissait en fait d’un simple scratch de la voix de William Griffin.
On remarquera que les Ghetto Diplomats ont presque réédité la performance avec ‘Mecs de Panam’ où Booba n’est pas scratché cette fois mais apparaît pour un refrain inspiré directement d’une de ses phases présentes sur ‘Ecoute bien’.

Billet paru sur le blog de l’Abcdrduson.

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