Publié par : Mehdi | novembre 8, 2009

« Burn after reading »

burn

Synopsis

Du cocufiage, le FBI, l’ambassade de Russie, le plus beau mec d’Hollywood métamorphosé en beauf attachant, John Malkovich, des espions qui n’en sont pas et, bien sûr, Frances Mcdormand : bienvenue chez les Frères Coen.

Réalisation : Les Frères Coen
Distribution : Brad Pitt, John Malkovich, George Clooney, Frances Mcdormand..
Scénario : Les Frères Coen d’après l’oeuvre de Stansfield Turner.

Il existe des films dont on sait qu’ils vont être encensés par la critique. Tout le monde aime les Frères Coen. Ils ont eu une palme d’Or pour un film qui ne le méritait pas vraiment, sont régulièrement chouchoutés par la presse (ce ne fut malheureusement pas le cas pour « The barber » qui, pour le coup, aurait mérité davantage d’exposition) et ont, il faut bien l’avouer, une jolie filmographie à leur actif.
Tout le monde aime aller voir de bonnes grosses stars dans une bonne grosse comédie. Mais ce que le public apprécie le plus c’est de voir des stars utilisées à contre-emploi. Besoin d’identification oblige, le spectateur lambda aime se sentir proche de Travolta dans « Pulp fiction » quand il apprend que, lui aussi a besoin d’aller aux toilettes pour expulser le Mcdo de la veille. Dans « Burn after reading », Georges Clooney porte la barbe et rentre son polo dans le jean alors que Brad Pitt a une dégaine de fan de Johnny Halliday. Ca va plaire c’est sûr.
Ajoutez à cela des seconds couteaux talentueux (Frances Mcdormand bien sûr, habituée des productions Coen, mais surtout John Malkovich qui peut concurrencer Tony Montana au nombre de « fuck » prononcés en 90 minutes), des documents secrets-défense (enfin, pas tant que ça finalement) qui se retrouvent dans les mains d’employés d’un club de fitness, quelques dialogues bien sentis et vous avez « Burn after reading ». Comédie de l’année hein ?

Pas vraiment, non. Il y a des bons moments dans ce film, c’est indéniable. D’abord, il y a Brad Pitt, décidément excellent lorsqu’on ne lui demande pas de jouer pour la gente féminine (« Rencontre avec Joe Black », quelle horreur). Le monde a basculé (et la vie de Seth Gueko avec) lorsqu’il avait interprété le gitan de « Snatch », Hollywood va se tordre de rire devant le personnage de Chad, grand benêt employé d’un club de fitness et détenteur d’un déhanché du tonnerre. Dommage que le scénario réduise brusquement le temps de présence à l’écran de celui qui fut révélé par « Thelma & Louise ». Ensuite, il y a évidemment Clooney. Erotomane compulsif, tchatcheur invétéré et sourire dévastateur, Georges est parfait. John « Fucking » Malkovich est épatant en ex-agent de la CIA rempli de rancœur. Pour qui l’a vu il y a peu en pasteur dans « L’échange », sa prestation est forcément épatante. Les autres seconds rôles sont tous excellents avec une mention spéciale pour J.K Simmons, percutant en patron de la C.I.A fatigué et nonchalant.

Là où le film pêche c’est clairement par manque de rythme. Non seulement, l’histoire met un certain temps à démarrer réellement mais, même lorsque l’intrigue est enfin mise en place, on ne parvient pas à se prendre complètement au jeu. Et on attend fébrilement que ça parte un peu en live comme disaient les jeunes à l’époque où Jospin avait encore des fonctions gouvernementales. En effet, on aimerait assister à une avalanche de gags, de situations saugrenues et de répliques punchlinesques. Surtout, on aimerait que tous ces formidables acteurs se confrontent véritablement à l’écran. Ce qui n’arrive que très rarement ou seulement dans les dix dernières minutes du film. Au lieu de ça, les frères Coen déroulent tranquillement l’intrigue, sans se presser, en saupoudrant la bobine de quelques bons moments, hélas trop rares.

Finalement, qu’est-ce que t’en dis Papi ? : « Burn after reading » aurait pu être une formidable comédie mêlant bons mots et satyre de la société Big Brother chère aux Américains. Au lieu de ça, on a beaucoup de creux et quelques sourires. Le problème c’est qu’on voit très bien là où les frères Coen ont voulu aller mais qu’ils s’en approchent à peine. Dommage.

Ceci dit, les acteurs sont remarquables.

Billet paru sur le blog Theater of the Mind.

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