Publié par : Mehdi | novembre 8, 2009

Cinq moments passés avec Christopher Wallace.

Lundi dernier, ça faisait donc 12 ans jour pour jour que Biggie nous a quitté. 12 ans, ça paraît une éternité et pas grand chose à la fois. Si on pense au fait qu’il y a 12 ans, le PSG réalisait sa dernière prestation significative en coupe d’Europe, ça semble alors à des années lumière. Si, en revanche, on pense au grand Christopher Wallace, alors on n’a pas vraiment l’impression d’avoir vu ces douze années passer. C’est vrai, Biggie n’est plus mais Biggie est toujours là. A travers les couplets de Jay-Z, Guerilla Black, des centaines de mixtapes hommages, des dizaines de rééditions, une voix toujours sratchée et même screwée, et est désormais présent sur grand écran. Forcément, chacun à des souvenirs particuliers liés au Black Frank White. En forme d’hommage, voici cinq moments choisis.

Première écoute de Ready to die

Je m’en souviens comme si c’était hier. Je l’ai déjà écrit ailleurs mais je me suis mis sérieusement à écouter du rap relativement tard. Et si Tupac m’a donné envie de m’y intéresser davantage, Biggie me l’a définitivement fait aimé. Ca fait très cliché et réducteur de citer Pac et Big comme premiers contacts avec le rap mais que voulez-vous je suis en enfant de Kazaa après tout.

En 2003, j’ai eu la chance d’aller aux Etats-Unis en échange scolaire. La chance parce que, guerre en Irak oblige, on a dû attendre jusqu’à la dernière minute avant de savoir si on pourrait vraiment y aller ou pas. On a finalement posé le pied à Milwaukee, Wisconsin. Et fait une escale de 2 jours à Chicago. A cette époque, je découvrais à peu près un album tous les jours et commençais à ressentir le besoin compulsif d’acheter les disques qui me plaisaient un tant soit peu. Aux Etats-Unis, j’ai fait une véritable razzia. Mais attention, je n’ai pas ramené de pépites qui seraient introuvables dans notre bel hexagone. Même si j’étais tout content d’avoir trouvé le « Strictly 4 my niggaz » de Pac, j’aurai tout aussi bien pu me fournir dans une FNAC à mon retour. Ceci dit, certains de ces disques ne m’auraient sûrement pas fait le même effet. Oui, il y a le paramètre du contexte à prendre en compte. J’en ai récemment fait l’expérience avec « L’angle mort » et Julien parlait du nouveau relief qu’avait pris le premier album de Jeru après des écoutes répétées dans le métro.

Pour un lycéen Picard de 16 ans, il y a quelque chose de magique dans le fait de poser un pied sur le sol américain. A partir de là, tout ce qu’on y fait prend une ampleur démesurée. Un Double whopper commandé à son arrivée, un sourire décroché à une autochtone, une phrase sans faute d’anglais prononcée en public…Alors un CD écouté dans un discman Sony gris, c’est la folie.

Des souvenirs que j’en ai, j’ai acheté « Ready to die » dans un magasin assez étrange. Une rangée de disques traînait au milieu alors que le reste du store vendait toutes sortes d’articles qui n’avaient rien à voir avec la musique. Enfin c’est le souvenir que j’en ai…A cette époque là, je ne connaissais pas grand chose de Biggie. Pire, je le connaissais plus par son beef avec Tupac que pour sa musique. Au fil de mes interminables connexions à Internet, j’avais dû tout de même lire que « Ready to die » était un classique à posséder absolument. Pour la petite anecdote, quelques jours après avoir acheté le disque, je me retrouve dans une librairie de Milwaukee et feuillète quelque chose qui devait ressembler à « Rolling Stones » et qui faisait une liste de 100 albums à posséder absolument, tous genres musicaux confondus. « Ready to die » (et « Illmatic » que j’achèterai quelques jours plus tard) en faisait partie avec ‘Unbelievable’ dans le champ « best track ».

J’étais donc dans un bus à Chicago. Je ne sais plus ce que nous nous apprêtions à visiter, les Sears Towers peut être. Je ne sais plus et ça n’était pas très important de toute façon. Le trajet était long et je me rappelle avoir réussi à pousser jusqu’à ‘Friend of mine’ lors de ma première écoute. Tout le disque m’avait plu. Sans vraiment savoir pourquoi, j’avais l’impression de comprendre quelque chose, comme si je commençais à savoir pourquoi le rap me plaisait davantage que le reste. Pour la première fois, je ne prêtais même pas attention aux prods, seulement au rappeur et à son phrasé. Dès la fin de l’intro (« I got big plans nigga, big plans… ») et le début de ‘Things done changed’, il s’est passé quelque chose. Il y avait cette fluidité dans le flow bien sûr et cette espèce d’autorité qui se dégageait de chacun de ses couplets. Cette façon d’accentuer les rimes aussi : « Remember back in the days, when niggaz had waves /Gazelle shades, and corn braids… ».

Tous les morceaux, les uns à la suite, m’ont sonné. Même cet interlude d’un mauvais goût saisissant. ‘Machine gun funk’, ‘Everyday struggle’, ‘Juicy’, ‘Gimme the loot’…A la fin de chaque piste, j’étais partagé entre l’envie de me la repasser et l’excitation de découvrir la suite. Tout chanceux, pour ma deuxième écoute, j’avais encore ‘Unbelievable’ et ‘Suicidal thoughts’ à découvrir.

Le freestyle dans la rue.

Youtube est quand même une formidable révolution. A l’époque où j’ai découvert cette vidéo, j’ai dû attendre quelque chose comme 24 heures pour la prendre à un copain internaute sur Soulseek. Maintenant, les pieds sur la table, je peux me le repasser en boucle. Internet est formidable, célébrons tous ensemble les 20 ans du Web.
La première fois que j’ai vu cette vidéo, j’ai évidemment été épaté par l’absence de pitié dont fait preuve BIG à l’égard de son adversaire. Ce dernier est à terre, n’a plus de cartouches et BIG n’en a que faire : il le finit sans scrupules. Mais faîtes également attention à l’arrière plan et au type qui arbore fièrement une sorte de foulard/keffieh avant l’heure sous sa casquette : No one in the corner has swagger like him.

You peel more skins than Idaho Potatoe

Retenir une punchline de BIG serait mission impossible. Le freestyle plus haut prouve que Biggie était de ces rappeurs qui frappent là où ça fait mal, sans interruption. Là où il se démarquait, entre autres, de ses compères c’est qu’il a toujours su injecter avec succès une pointe d’humour dans ses textes même quand le sujet ne se prêtait pas franchement à la déconnade (‘Gimee the loot’). Sur ‘Who shot ya‘, il y a donc cette phase « You peel more skins than Idaho potatoe ». Adressée à Pac ou pas, il n’empêche qu’on ne peut pas s’empêcher de lâcher un rire lorsque BIG la prononce. Mettez cette phrase dans la bouche de n’importe quel autre rappeur et ça sonne tout de suite ridicule. Quand BIG l’a dit, ça reste une ligne mémorable. Baby Baby.

Party and Bullshit

Pas grand chose à dire sur un morceau comme ça. On écoute et on se dit juste que le type est un monstre quoi. Sûrement le titre de Biggie que j’ai le plus écouté avec ‘Everyday struggle’ et ‘I got a story to tell’.

Biggie featuring Bob.

Oxmo en cauchemardait, Puffy l’a fait.

Souvenirs, anecdotes personnelles ou déclaration d’amour liés à Biggie sont évidemment les bienvenus dans la partie commentaires.

Billet paru sur le blog de l’Abcdrduson.

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