Publié par : Mehdi | novembre 8, 2009

Interview : West Coast Theory.

WCT

Quand deux beatmakers amateurs s’en vont réaliser un documentaire sur l’industrie musicale à Los Angeles, ça donne « West Coast Theory », long-métrage épatant dans lequel se croisent des personnalités aussi hautes en couleurs que Snoop, Muggs, Battlecat ou Will.IAM. Rencontre avec Maxime Giffard et Félix Tissier, les deux réalisateurs.

Abdrduson : Pouvez-vous vous présenter ? Quel a été votre parcours avant « Westcoast Theory » ?

Maxime : Maxime Giffard, co-réalisateur et auteur de « Westcoast Theory ». Avec Félix, tout a commencé quand on faisait du son ensemble. Sinon, j’ai fait des études de droit donc ma formation n’a pas grand rapport avec mon métier actuel.

Félix : Félix Tissier, co-réalisateur de « Westcoast Theory », graphiste et directeur artistique qui s’était mis doucement à la vidéo et qui a complètement plongé dedans avec « Westcoast Theory ».

A : D’où est venue cette idée de réaliser un documentaire sur la westcoast et le son de L.A ?

F : Comme disait Maxime, on faisait des beats ensemble à l’époque. En parallèle, je faisais des interview pour un site web et, quand je suis allé interviewer Rohff, Richard Segal Huredia était derrière la console. Du coup, avec Maxime, on s’était dit que ce serait sympa de l’interviewer et on s’est super bien entendu avec lui. On est vite devenu potes, on traînait ensemble dans Paris.

En fait, je suis allé à Los Angeles dans le cadre d’un autre projet et je me suis reconnecté avec lui. Je me suis rendu compte que son entourage était composé de grands producteurs et rappeurs et que les approcher était beaucoup plus simple que quand on les croisait à Paris. Quand je suis revenu de Los Angeles, j’ai discuté avec Maxime et on était d’accord pour dire que Segal avait un immense savoir capable de répondre aux multiples questions que se posaient des beatmakers amateurs comme nous.

M : A l’époque, on faisait des beats qui, s’ils étaient poussés à un niveau de décibels à peu près présentable, étaient absolument inaudibles. J’ai récemment réécouté certains de nos beats et c’est vrai qu’on marchait un peu sur la tête. Du coup, avoir accès à ce mec là était une chance assez inouïe. Au départ, on pensait à des mecs comme nous et l’idée était de faire un masterclass de mix chez Segal histoire que tous ceux qui avaient un home studio puissent reprendre la chaîne de fabrication et voir où est ce qu’il était possible de progresser. A la base, il s’agissait du beatmaker lambda qui rencontre le mec responsable de l’album qui a explosé toutes les barrières au niveau du mix : « Chronic 2001 ». On a commencé le master class et Segal en a eu un peu marre de faire du discours indirect à chaque fois qu’on lui posait des questions sur ses potes.

Du coup, il nous a permis d’aller à la rencontre de ces gens là et le film a pris une toute autre tournure. Il y avait aussi quelque chose d’important qui se passait avec, d’une part, la fermeture des grands studios et, d’autre part, la réorganisation de ces producteurs vers des home studio à un moment où les réductions de coûts s’imposaient compte tenu de la baisse des ventes…On a remarqué qu’il y avait toute une histoire à laquelle on n’avait pas pensé et qu’il fallait pourtant absolument raconter.

F: Du coup, un tournage ne nous a pas suffi et on a dû y retourner. Après le premier tournage, on est revenu avec beaucoup d’interviews mais pas de quoi réaliser un documentaire complet.

M : Par exemple, on n’avait rien sur le mastering. On savait que Bryan « Big Bass » Gardner avait fait, entre autres, les premiers NWA, le premier Chronic et qu’il avait une responsabilité vis à vis du son qu’il aurait été intéressant d’exploiter dans le DVD. Pareil pour Roger Lynn [NDLR : il a créé la première boîte à rythmes en 1979] avec la MPC.

On s’est dit que l’histoire qu’on voulait raconter devait comporter ces deux mecs là. Ce sont donc les deux mecs aux cheveux blancs du film – qui ne sont d’ailleurs pas forcément les moins jeunes d’esprit. Du coup, on a pu voir Too Short, B-Real, revoir Muggs et épaissir au fur et à mesure le projet.

Lire la suite de l’interview.

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