Publié par : Mehdi | novembre 8, 2009

L’abécédaire du son : C comme…

C comme…Cachin : La voix du rap français. Qu’on le veuille ou non. Présenté par les médias généralistes tour à tour comme un spécialiste de la black music, un historien de la musique tout court, un simple journaliste ou encore un sociologue, Orlus Carlton a accompagné le développement du rap en France de Dee Nasty à Keny Arkana en passant par Doc Gyneco. Souvent critiqué, il n’empêche qu’il demeure toujours très présent dans le mouvement. Pour preuve, Rohff, qui dédicace la génération Rapline dans le morceau, a encore fait appel à lui pour le tout récent clip de ‘Rap game’. Cachin c’est donc « Rapline », bien sûr, mais également « L’affiche » puis « Radikal » dont l’absence dans les kiosques se fait cruellement sentir. Mention spéciale au numéro avec Rakim en couverture. Pour Rakim d’abord mais aussi pour l’interview hallucinée de Bang’em Smurf et Domination.

C comme…Calbo: Quand les gens parlent d’Arsenik, c’est toujours pour citer une punchline de Lino. Et pourtant, Calbo est loin d’être un mauvais rappeur et nul doute que s’il avait fait une carrière solo, bon nombre d’auditeurs auraient revu leur jugement à la hausse concernant les qualités microphoniques du rappeur de Villiers le Bel. Beaucoup se sont cassé les dents en essayant de tenir la comparaison avec Lino alors, finalement, aucune raison pour que Calbo échappe à cette règle. Ceci dit, Calbo, au moins une fois, s’est hissé au niveau de son frère. Sur ‘Dangereuse liaison’, il fait en effet un couplet monstrueux assorti d’un flow de haute voltige et complété par une alchimie quasi-parfaite avec Rockin Squat. Mais après une centaine d’écoutes attentives du titre en question, la même interrogation reste toujours en suspens : serait-ce Lino qui se cacherait derrière ce fameux couplet ?

C comme…Cam’ron : « Guns we strap em on then we lick them off ».
Cam’ron, c’est un monde à part. Et c’est une partie de cet univers qui semble définitivement derrière nous avec la séparation plus ou moins officielle des Dipset. Il ne reste plus aux fans de la première heure que les yeux pour pleurer et les oreilles pour réécouter « Diplomatic Immunity ». De Children of the Corn à l’explosif « Public Enemy #1 », Killa Cam a fait du chemin. Et si on ne sait pas vraiment ce qu’il fait actuellement, on l’imagine volontiers rouler dans sa Lambo en train de griffonner quelques rimes salées dans son cahier sacré. Rien que ça, ça redonne le sourire.

C comme…Can U get away ? : On parle toujours d’ « All eyez on me » et de « The 7th day theory » pour désigner le meilleur album de Tupac. Et « Me against the world » est injustement passé sous silence. Douces ballades (‘It ain’t easy’), hymne désespéré (‘Fuck the world’) ou déclaration d’amour à sa génitrice (‘Dear mama’), le disque regorge de réussites. Et puis, parmi tout ça, il y a ‘Can U get away’. Rien d’extraordinaire a priori. Juste un morceau terriblement smooth, des lyrics simples rappés avec le sourire, un refrain fatal…Et on regrette que le morceau n’ait pas été clippé.

C comme…Casey : « Il faut que j’te raconte comment chaque fois j’affronte/On doit tenir tête et souvent à coups d’pompes/Ceux qui me jugent et très souvent se trompent/Ou me guettent, l’air de dire: »Tu devrais avoir honte! »/Fusillent des yeux la façon dont je m’habille/Me demandent si je suis un garçon ou une fille… »
Vrai que Casey n’a jamais rappé comme une femme. Après tout, il y aurait une légitimité à faire du rap de filles. Il est facile de constater qu’une bonne partie de la gente féminine aurait du mal à se sentir concernée par les textes de certains Mc’s. Et les mecs, de la même manière, sont décontenancés lorsque Diam’s n’en finit plus de narrer ses péripéties amoureuses. Casey, elle, a tout de suite pris le parti de faire une totale abstraction de ce paramètre. Le féminisme ? Très peu pour elle. Les combats sont ailleurs. Racisme, discrimination, ostracisme, Casey n’est pas du côté des femmes mais de celui des enragés. Boum.

C comme…Clash : Pas battle hein. Non non, clash. Ca fait référence à toutes les embrouilles qui ont massivement abreuvé le rap français 3 ou 4 ans après la guéguerre entre Nas et Jay-Z. Une préférence personnelle pour la joute verbale qui opposa Kamelancien à la Fouine. Fameux.

C comme…Cee-Lo : On pourrait parler longtemps de Cee-lo. Artiste solo important, Goodie Mob, Gnarls Barkley…tout ça. Mais aujourd’hui j’ai juste envie de parler de ‘All day love affair’. Enfin, même pas d’en parler en fait, juste de partager mon engouement pour ce titre au cas où certains seraient passés à côté de « Cee-lo Green…is the soul machine ».

C comme…Charles Hamilton : Polo rose, sac sur le dos, sourire malicieux, bloggeur à ses temps perdus et une tchatche impeccable, a priori Charles Hamilton est symbolique de ce qu’est le rap en 2009. Entre Lupe Fiasco et Asher Roth, Charles Hamilton est un Nerd de plus. Et puis une interview et quelques morceaux plus tard, on se dit qu’on aimerait bien en savoir davantage sur le personnage. Juste un souhait : qu’il ne grille pas toutes ses cartes dans une série de mixtapes qui finiront aux oubliettes dans quelque temps…Et qu’il en garde sous le capot pour un premier album qui a tout pour faire sensation.

C comme…Chop D.I.E.S.E.L : Peu d’informations sur cet excellent beatmaker mais une certitude : le bonhomme a offert quelques fabuleuses productions au génial AZ. Dont l’extraordinaire « Problems » . Ca fait beaucoup de superlatifs en deux phrases mais j’assume.

C comme…Clipse : On aurait pu faire un C comme…cocaïne en revenant sur l’explosion des vendeurs de drogue reconvertis dans le rap ces dernières années. C’est super tendance d’avoir vendu de la drogue dans le passé, surtout si on l’a fait dans des locaux de police. Mais, de toute façon, ça nous aurait ramené sur les Clipse. D’ores et déjà au panthéon du rap avec deux albums classiques, le duo en originaire de Virginie sort encore d’une année charnière avec la quatrième volume de la série « We got it for cheap » et l’épatant « Road til the Casket drops.

C comme…Common: « If skills sold/Truth be told/I’d probably be/Lyricly/Talib Kweli/Truthfully/I wanna rhyme like Common Sense(But i did five Mil) I ain’t been rhymin like Common Sense ».
Si on repense à cette phrase, on se rend compte du fantasme que peut représenter Common Sense pour le reste des rappeurs. En droit civil, les juges ont une norme pour évaluer le comportement des accusés. Il faut que ces derniers aient agit en bon père de famille. Au tribunal du rap, God MC nous dira si les rappeurs ont agit en bon Common Sense. Common, c’est le gendre, le mari, l’oncle et même le pote idéal. Positif sans paraître niais, laissant transparaître ses émotions sans perdre de sa crédibilité, capable même d’éléver considérablement la voix lorsqu’un voisin fait un peu trop de bruit, ne prenant pas une ride avec le temps qui passe, Common est toujours d’actualité. Mieux, les années passant, il semble s’amuser de plus en plus et prendre davantage de risques ce qui lui amène de nouveaux auditeurs. « Universal Mind control » est dans les bacs et il ne faudrait pas l’oublier.

C comme…Cool : Parce que le rap c’est aussi même une question d’attitude. Swagger, Classe, Bagoût…Appelez ça comme vous voulez. Et bien, en janvier 2009, quand on me dit cool moi je réponds Black M. Ou Maître Gims.

A voir aussi :
A comme … Première partie
A comme … Deuxième partie
B comme …

Billet paru sur le blog de l’Abcdrduson.

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