Publié par : Mehdi | novembre 8, 2009

Largo et Nerio sont dans un bateau

largo

Synopsis

Nerio Winch, PDG d’une énorme multinationale, est retrouvé mort près de son modeste yacht. Forcément, les rapaces se précipitent pour lui succéder. Sauf que Nerio était un homme malin et avait préparé ce moment consciencieusement en faisant de Largo, son fils adoptif, son héritier légal et l’actionnaire majoritaire de la boîte en cas de pépin. Mais Largo n’a pas exactement le profil du fils à papa type : il va se mettre en tête de retrouver l’assassin de son père.

Réalisation : Jérôme Salle
Distribution : Tomer Sisley, Kristin Scott-Thomas, Mélanie Thierry…
Scénario : Julien Rappeneau & Jérôme Salle d’après l’oeuvre de Jean Van Hamme & Phillipe Franck.

Pour qui connaît la bande dessinée de Jean Van Hamme, l’intrigue n’est pas neuve. Héritier d’un empire colossal, Largo Winch, éternel vagabond, doit faire face aux rivalités et contenir les ambitions débordantes de ses collaborateurs. Car plus qu’une simple BD d’action pour adultes, « Largo Winch » a toujours baigné dans le monde de l’entreprise, du capitalisme, du dollar, des immenses buildings et des costumes de luxe. Le troisième album s’intitulait « O.P.A » et les aventures de Largo nous obligeaient à nous familiariser rapidement avec les termes financiers chers aux journalistes de « Capital ». D’ailleurs, le dernier album en date avait été publié en plusieurs parties dans « Le Point ».

Là-dessus, il faut reconnaître que Jérome Salle, réalisateur du film, est resté très fidèle à l’esprit de la bande dessinée. Les mecs se battent en costume dans des scènes d’action plutôt bien chorégraphiées sans être pour autant époustouflantes, le siège du groupe W paraît sortir tout droit des bandes de Van Hamme et Tomer Sisley ressemble assez à l’image qu’un lecteur pouvait se faire de Largo Winch.

Empruntant un peu à l’univers de James Bond et beaucoup à celui de Jason Bourne, « Largo Winch » est un film en deux temps. On dira que la première partie sert davantage à planter le décor et à nous présenter le protagoniste principal. Adopté par un riche entrepreneur, il n’a eu de cesse de fuir son destin en parcourant le monde à la rechercher de nouvelles expériences. A ce titre, la première apparition de Largo Winch est édifiante : alors qu’il remonte un certain fleuve dans un certain pays d’Amérique du Sud, il en profite pour se faire tatouer un symbole synonyme d’invincibilité. Sans même laisser le temps au tatoueur de finir son œuvre, il s’en va à la rescousse d’une jeune femme abusée par de sombres goujats. Voilà pour les présentations : jouisseur, pas matérialiste pour un sou, toujours prêt pour secourir la veuve et l’orphelin, sans peur ni reproches, Largo Winch dit « avoir tout le temps », temps qu’il utilise à parcourir le monde. A chacun sa routine quotidienne. Seulement, le monde de Largo va être ébranlé quand il va apprendre la mort de son père et l’héritage qui lui revient. Indispensable pour présenter le personnage (et lancer une franchise que l’on voit gros comme une maison), cette première partie manque cruellement de rythme par moments. Après tout, on est venu voir un film d’action et, là, ça pète pas assez.

La deuxième partie du film est mieux ficelée. Capitalisme sauvage, manipulations, complots, trahisons, tout y passe. Et on finit par se prendre au jeu lorsque ça s’accélère considérablement dans les trente dernières minutes du film. En effet, à partir du moment où Largo va chercher à Sarajevo les documents lui donnant l’actionnariat majoritaire, on a le sentiment d’être, enfin, dans un rythme de véritable film d’action/espionnage/galipettes.

Toutefois, on a le sentiment qu’il manque plusieurs éléments qui auraient permis au film d’avoir une toute autre ampleur :
• Plus que d’être en deux temps, le film a davantage l’air d’être entre deux chaises. Jérôme Salle essaye vraiment de conserver l’esprit de la bande dessinée en donnant de la profondeur au personnage de Largo. Du coup, beaucoup de lenteur et, décidément pas assez de rythme.
• Des vilains un peu plus charismatiques n’auraient pas été de trop. Ici, l’adversaire est d’ailleurs flou puisqu’il change au moins trois fois de visage pendant le film. Le plus important c’est définitivement Largo.
• Sauf que Largo Winch est interprété par un mec qui doit avoir Keanu Reeves comme modèle absolu. Sans blagues, Tomer Sisley est tristement fade. Aucune expression du visage, quelques sourires qui ne manqueront pas de plaire aux femmes tout au plus mais rien de bien notable. Son cas est réglé : il n’est pas drôle, a joué dans « Studio Sud » et est un mauvais acteur.

Quelques remarques anecdotiques :
Dans ce film, la gente féminine est vue sous un angle bien particulier. Le personnage de Kristin Scott-Thomas est une garce débordante d’ambition prête à manipuler n’importe qui pour arriver à ses fins. Celui de Mélanie Thierry est une prostituée qui joue avec les hommes pour gagner sa vie. Enfin, la jolie fille de l’Est répondant au prénom de Mélina (enfin si mes souvenirs sont bons) n’est malheureusement pas développée comme si son histoire paraissait insignifiante. Pourtant, il y aurait des choses à en dire sur ce personnage : elle rêvait de faire le tour du monde avant de reprendre finalement le cabinet de son père, esquisse un sourire ravageur et est complètement consciente de sa vie de merde. Malheureusement, Jérôme Salle a préféré s’attarder sur les garces.
Un moment Largo Winch se retrouve dans l’eau après avoir pris une balle. On pense qu’il va mourir. Mais en fait non. Ca m’a fait penser à la géniale scène de fin de « La vengeance dans la peau ».
Respect à Gilbert Melki. Définitivement une tête de lâche.

Ton avis gros ? : C’est assez rare pour être souligné mais on se dit qu’une suite pourrait être une bonne chose. Ce premier opus a perdu en rythme à force de vouloir planter le décor. Une bonne grosse deuxième partie centrée sur l’action serait de bon augure. A condition de changer d’acteur principal. Sinon, revoyez la trilogie Jason Bourne.

Billet paru sur le blog Theater of the Mind.

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