Publié par : Mehdi | novembre 8, 2009

Les mécréants d’Hollywood

Hollywood est définitivement un monde à part. Capable de produire des nanars intersidéraux comme des blockbusters à la mécanique parfaitement huilée, de faire émerger des pépites underground comme de prolonger des franchises auxquelles plus personne ne croît, de livrer les plus grands films de tous les temps comme comme ses plus affligeants, de révéler les plus grandes stars du grand écran, qu’elles soient éphémères ou à la longévité plus solide, de soutenir les projets les plus conventionnels ou les plus fantaisistes… Hollywood est définitivement un monde à part. Dans cette impitoyable jungle où un nombre incalculable de films et de carrières finissent aux oubliettes, certains ont fait de l’échec une mauvaise habitude. Gros plan sur quatre personnalités distinctes mais qui sont toutes marquées du sceau de l’infréquentabilité.

Michael Bay

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The nigga director you love to hate. Le génie du mal dans toute sa splendeur. Il faut savoir que quand un de vos amis veut subitement se donner bonne conscience et fustige les sommes folles dépensées par les studios américains uniquement pour divertir Mr.Toutlemonde, il pense involontairement à Michael Bay et à son producteur pygmalion Jerry Bruckheimer. Resituons le personnage : alors qu’on associe généralement le premier film d’un réalisateur à une oeuvre davatange « personnelle » et « intimiste », Michael Bay s’affirme immédiatement comme un réalisateur de studios en réalisant « Bad Boys », film à la gloire des stars montantes Martin Lawrence (un peu) et Will Smith (beaucoup). Au programme, des belles voitures, de superbes filles (Theresa Randle, reviens), beaucoup d’explosions et Diana King en B.O. Le carton est total. Un an plus tard, l’ami Michael remet les couverts avec « Rock » qui reprend peu ou prou les mêmes recettes : un duo d’acteurs solide, des effets spéciaux ahurissants, une dose d’humour savamment distillée ici et là avec, en prime, quelques plans plein de patriotisme salvateur pour couronner le produit. Le film, diablement efficace, remporte encore une fois un franc succès.
A partir de ce moment, la mécanique été lancée. S’ensuivent « Armageddon » et son scénario improbable où l’on demande à une équipe de foreurs de sauver le monde, « Titanic 2 » « Pearl Harbor », le sous-estimé « The Island » et la série des « Transformers ». Vous l’aurez compris, Michael Bay n’est pas un poète. Plutôt du côté de Materazzi que de Zidane, il aime quand ça explose, les amitiés viriles, les femmes-objets et les gros bolides. Exacerbant à outrance les fantasmes masculins, Michael Bay en arrive à être accusé de faire du cinéma pour beauf’. Si j’étais Eric Zemmour, je dirais sûrement que c’est la féminisation de la société qui cherche à créer un sentiment de culpabilité chez celui qui prend son pied devant ce déluge de clichés puant la testostérone. Comme ça n’est pas le cas, je me contenterai de dire que Michael fucking Bay m’a souvent fait passer de bons moments.

Bonus : South Park donne sa vision du cinéma de Michael Bay.

Joel Schumacher

Joel Schumacher a une bonne tête. Celle du papi docile qui passe son mois de juillet devant le Tour de France, ses soirées devant « Plus belle la vie », chouchoute ses petits enfants et les bassine légèrement avec ses éternelles histoires de quand il était jeune. Bref, le mec sympa et inoffensif mais assez chiant sur la longueur. Définition qui conviendrait parfaitement à son cinéma. Qu’il s’initie au buddy-movie musclé, qu’il monopolise un casting 4 étoiles pour « Le droit de tuer ? » qui traite du racisme dans le sud des Etats-Unis, qu’il lorgne sans vergogne du côté de David Fincher pour un « 8mm » qui aura même droit à une suite, qu’il s’essaye au film de guerre ou à la comédie sociale, Schumacher fait souvent dans la demi-mesure. Ni bon, ni mauvais, ses films réussissent à laisser le spectateur indifférent. Quand ils ne provoquent pas les foudres des spectateurs comme ce fut le cas après « Batman & Robin », qui a conclut le travail initié par « Batman forever ». Il aura fallu quelques années et Christopher Nolan pour penser à nouveau à mettre en scène l’homme chauve-souris.
On peut donc se demander comment est-il possible qu’un mec ayant autant déçu continue à se voir proposer des films à fort potentiel commercial (le pétard mouillé « Le nombre 23 » ou l’intelligent « Phone game » en 2002) ? Peut-être qu’Hollywood rechigne à le blacklister définitivement en vertu de ses services rendus au cinéma. Parce qu’au milieu de cette multitude de désillusions, Joel a réalisé son chef d’oeuvre éternel avec « Chute libre ». Au-delà de l’histoire de ce type « normal » qui va littéralement péter les plombs (et qui inspirera à Disiz la Peste le tube derrière lequel il court toujours), la réalisation nerveuse et brillamment maîtrisée servait parfaitement le propos. L’histoire retiendra donc que Schumacher était le mec qui a réalisé « Chute libre ». Et « Batman & Robin », la preuve en images :

Renny Harlin

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On connaissait les sous-Scorsese, les sous-Spielberg, les sous-Coppola, les sous-Hitccock… Renny Harlin est plus fort : il est un sous-Michael Bay. Aujourd’hui, Renny Harlin n’est plus invité aux soirées mondaines, n’est plus marié à la magnifique Geena Davis et l’establishment baisse les yeux, feignant de ne pas l’entendre quand il rappelle ses faits d’armes. Parce que si Renny Harlin réalise aujourd’hui des films fantastiques pour ados dont tout le monde se fout et d’improbables prequels à « L’exorciste », il fut un temps où il se permettait de refuser poliment la réalisation d’« Alien 3 ».
Au commencement, Renny Harlin à Hollywood, ça ressemblait à la success story. Débarqué de sa Finlande natale après quelques réalisations remarquées, il se fait un nom en réalisant le quatrième volet de la saga « Freddy » et confirme deux ans plus tard en reprenant encore une série en signant « 58 minutes pour vivre ». Si le film s’avèrera être, et de loin, le moins bon de la série, il n’empêche que le succès est au rendez-vous et ouvre bien grand les portes d’Hollywood à Renny Harlin. Sauf que Renny fait l’erreur de penser que les années 80 durent vingt ans. La recette star bodybuildée+scénario fadasse commence à s’essoufler alors qu’il semble décidé à la reproduire indéfiniment. Si « Cliffhanger » fait encore illusion, ses films suivants connaîtront tous deux des flops retentissants. Il y eut d’abord « L’île aux Pirates » , nanar sans nom qui mérite tout de même d’être vu pour quelques jolies scènes d’actions et les décolletés de la mère Davis, puis « Au revoir, à jamais », dont on connaît tous l’affiche mais que personne n’a vu. Au début des années 2000, Renny Harlin essaiera encore de se refaire une santé avec « Peur bleue » et « Driven », deux films musclés, plutôt bien ficelés mais qui resteront terriblement anecdotiques. Voilà, la carrière de Renny est au point mort. En faisant d’autres choix, il aurait pu chercher à progresser et à investir d’autres horizons. Au lieu de cela, on s’en souviendra seulement comme de l’ex de Geena Davis. Et comme celui qui réalisa le moins bon des « Die Hard ».

Val Kilmer

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S’il fallait choisir un de ses personnages pour résumer la carrière de Val Kilmer, celui d’Iceman qu’il interpréta dans « Top Gun » ferait assez bien l’affaire. Beau gosse, plus doué que la moyenne, son ascension sera éternellement ralentie par son caractère difficile et ses sautes d’humeur incontrôlables, le système lui préférant des profils davantage conventionnels (symbolisés par le personnage de Tom Cruise, Maverick, dans le film de Tony Scott). Pourtant, le monde était prêt à se livrer à lui après son interprétation de Jim Morrison pour Oliver Stone ou sa prestation remarqué aux côtés de De Niro et Pacino dans « Heat ». Mais à chaque fois que Val Kilmer a porté des films à gros budgets sur ses seules épaules, le résultat aura été sacrément mitigé. Il y eut « Batman forever » dans lequel il se fait littéralement éclipser par Jim Carrey et Nicole Kidman, « L’île du Dr.Moreau » dont on a peine à croire qu’il fut un film évènement ou encore « Le saint », marqué à vie de l’empreinte du flegme légendaire de Roger Moore.
Aujourd’hui, l’heure de gloire de Val Kilmer est définitivement passée. Ce dernier semblant destiné à avoir une fin de carrière à la Alec Baldwin, sorte de « vieux beau » qui va honorer des films de seconde zone de sa présence. Et a interpréter la voix de Kitt dans la suite de la série K2000.

Et aussi : Rob Lowe, Drew Barrymore, Treat Williams, Lucy Liu, John Mctiernan, Charlie Sheen

Billet paru sur le blog Theather of the Mind.

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