Publié par : Mehdi | novembre 8, 2009

Quand le cinéma s’intéresse au journalisme…

La présence de « Jeux de pouvoir » dans les salles, formidable thriller politique qui nous embarque dans une sombre affaire de meurtre sur fond d’adultère et de manipulation militaire, nous pousse à revenir sur quelques uns de ces journalistes mis en avant au cinéma. Un top 10 de plus qui, autant vous le dire tout de suite, a pris le parti de ne pas citer Peter & Steven, l’improbable duo qui enquêtait sur la mort de Georges Abitbol dans le must have « La classe américaine ».

10. Clark Kent
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Interprété au cinéma par Christopher Reeves (« Superman » en 1978, « Superman II, l’aventure continue » en 1980, « Superman III » en 1983 et « Superman IV, la quête pour la paix » en 1987) et Brandon Routh (dans « Superman returns » en 2006).

Sincèrement, journaliste le jour et super-héros la nuit, ça le fait non ? Rajoutez en plus une amourette de luxe avec Lois Lane et vous avez le pigiste le mieux loti de l’histoire. Ceci mis à part, il faut tout de même tirer un grand coup de chapeau aux mecs de DC Comics qui ont créé le personnage : réussir à rendre crédible le fait qu’un mec devienne méconnaissable en enlevant simplement ses lunettes et en se faisant une rapide coupe à la brosse n’avait rien d’aisé. Parler de Superman c’est aussi se souvenir du regretté Christopher Reeves qui retrouve presque une deuxième vie aujourd’hui dans les lyrics d’Eminem, c’est forcément penser à « Superman returns » et à la prestation insupportable de Kevin Spacey et c’est se souvenir avec émotion de vos jeunes années quand, en rentrant de l’école, vous allumiez M6 et regardiez « Les nouvelles aventures de Lois et Clark » avec Teri Hatcher (qui n’était pas encore une James Bond Girl, encore moins une « desperate housewife ») et Dean Cain.

09. J. Jonah Jameson

Interprété par J.K Simmons dans les « Spiderman » de Sam Raimi.

Odieux, égocentrique et sans cesse en quête de ragots, J. Jonah Jameson est un rédacteur en chef terrifiant. Il symbolise une partie de ce journalisme sans scrupules qui ferait absolument n’importe quoi pour obtenir un scoop. Sur le papier, c’est une ordure finie. A l’écran, c’est une bouffée d’oxygène, jamais avare de bons mots et autres répliques poelvoordiennes. L’occasion aussi de saluer les différentes prestations de J.K Simmons, toujours excellent qu’il apparaisse dans les superproductions de Sam Raimi, dans les long-métrages des frères Coen ou dans une comédie dramatique inattendue.

08. Gray Grantham
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Interprété par Denzel Washington dans « L’affaire Pelican » (1994)

Il est vrai que cette adaptation d’un roman de John Grisham ne tenait pas toutes ses promesses. Peu importe, Gray Grantham mérite d’être cité pour, au moins, deux raisons :
– Il a une classe folle. Normal, il est interprété par Denzel Washington.
– Il fait équipe avec Julia Roberts. Veinard.

07. Gale Gayley
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Interprété par Geena Davis dans « Héros malgré lui » en 1993.

Déjà, il me paraissait important de parler de « Héros malgré lui », comédie méconnue de Stephen Frears qui présentait pourtant un casting de luxe. Dustin Hoffman dans le rôle titre d’un loser alcoolique abonné aux petites combines et qui lorgnait vers la comédie après « Dick Tracy » et « Hook », Andy Garcia qui avait encore la côte après son face à face légendaire avec Richard Gere dans « Affaires privées » et sa formidable prestation dans « Le Parrain 3 » et Geena Davis qui sortait du cultissime « Thelma et Louise ».
Geena Davis, parlons-en. Dans « Héros malgré lui », elle interprète la pétillante Gale Gayley, jeune journaliste carriériste aux dents qui rayent le parquet. A la suite d’un crash d’avion, un illustre inconnu -Dustin Hoffman- va porter secours aux passagers. Le lendemain, tous les médias sont à la recherche du bon samaritain et c’est un imposteur -Andy Garcia- qui va lui voler la vedette. Gale Gayley va en faire une vedette avant de comprendre plus vite que les autres qu’il y a sûrement quelque chose qui cloche…Lèger et porté par des acteurs qui donnent le sentiment de s’éclater, « Héros malgré lui » est une vraie réussite. Et Geena Davis a une bouche merveilleuse.

06. Christof
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Interprété par Ed Harris dans « The Truman show » en 1998.

A première vue, on aurait tendance à considérer Christof comme le grand méchant de l’histoire. C’est lui qui a conçu le show, qui le produit et qui a adopté Truman dès sa naissance. Dans une posture empirique, il cherche à tout prix à mener l’expérience à son terme et à protéger Truman du monde extérieur. Jusqu’au boutiste et, dans une certaine mesure, idéaliste, il peut être vu soit comme un visionnaire soit comme un horrible manipulateur. Faîtes votre choix.

05. Sondra Pransky
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Interprété par Scarlett Johansson dans « Scoop » (2006).

Apprentie journaliste pour un journal étudiant, la jeune Sondra, en séjour à Londres, se voit, à la suite d’un improbable retour d’entre les morts, sur un scoop inespéré. Elle va se lancer dans une enquête, flanquée d’un magicien fatigué interprété, évidemment, par l’impayable Woody Allen.
Sondra est inexpérimentée mais regorge d’idées, Sondra est romantique mais pas complètement naïve, Sondra est peureuse mais suffisamment fouineuse, Sondra est pleine de rêves et très terre à terre en même temps…Sondra est Scarlett Johansson.

04. Marcello Rubini
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Interprété par Marcello Mastroianni dans « La Dolce Vita » (1960).

L’histoire de Marcello Rubini doit ressembler au fantasme de n’importe quel journaliste en herbe. Jeune chroniqueur pour un magazine à scandales, il va, au fil de ses péripéties journalistiques, entreprendre un véritable parcours initiatique qui va le mener jusqu’à la tentation de la débauche la plus totale…Fellini, Mastroianni, une Palme d’Or et une bonne dose de scènes cultes.

03. Lowell Bergman
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Interprété par Al Pacino dans « Révélations » (1999).

Inspiré d’une histoire vraie, « Révélations » raconte l’histoire de l’intrépide, et très médiatique, journaliste Lowell Bergman qui va, avec l’aide d’un scientifique qui travaille pour un grand fabriquant de cigarettes, révéler les travers de l’industrie du tabac.
Dans le film de Michael Mann, Bergman représente un certain idéal du journalisme : intègre, prêt à sacrifier sa vie pour la bonne cause, toujours en quête de vérité, diablement charismatique et véritable personnalité publique, il a tout pour faire naître des vocations.

02. Raoul Duke
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Interprété par Johnny Depp dans « Las Vegas Parano » (1998).

Raoul Duke aussi pourrait faire naître des vocations, reste à savoir si elles auraient quelque chose à voir avec le métier de journaliste. Adapté du roman éponyme, « Las Vegas Parano » nous parle d’un journaliste et de son avocat qui vont couvrir une course de motos en 1971. Sauf qu’il s’agira plutôt d’un prétexte pour s’essayer à toutes le drogues présentes à Las Vegas.
Certains pourraient penser que Raoul Duke décrédibilise la profession en profitant d’un déplacement professionnel pour se droguer. D’autres, au contraire, apprécieront qu’il se soit totalement immergé dans l’esprit de l’événement. Totalement halluciné, le travail qu’il rendra en sera d’autant plus…Original. Hunter S.Thompson, qui est l’auteur du livre originel et qui a créé Raoul Duke à partir de ses propres expériences, est d’ailleurs considéré comme l’inventeur du journalisme subjectif.

01. Cal McAffrey
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Interprété par Russell Crowe dans « Jeux de pouvoir ».

Attaché au papier, respecté dans tout Washington, homme de principes qui n’hésite pas à envoyer balader la pimpante blogueuse Della Frye (Rachell McAdams, on l’aime déjà) dont il comprend à peine le job, Cal est de la vieille école. Le genre de mec jamais avare en bons mots, qui s’enfile du whisky comme du petit lait, célibataire qui occupe un appartement bordélique et passe le plus clair de son temps à écrire.
Cette fois, il est sur une affaire qui va l’obliger à mettre son objectivité de côté. Une femme qui travaillait sur une enquête visant à mettre en cause une entreprise privée d’armement est retrouvée morte. Très vite, on apprend qu’elle avait une liaison avec son directeur de cabinet, le député Stephen Collins qui se trouve également être un des meilleurs amis de Cal. Ce dernier va se lancer corps et âme dans cette investigation qui va à la fois se transformer en affaire d’Etat et le pousser à ressasser son passé.

Sur un plan plus général, « Jeux de pouvoir » est un de ces thrillers politiques comme on n’en fait plus. Hormis lors d’une pirouette finale qui pourra laisser sceptique, Kevin Macdonald impose un excellent film porté par une distribution 4 étoiles. Russell Crowe bien sûr, parfait en reporter expérimenté excité comme s’il s’agissait de sa première affaire, Ben Affleck qui, après une première partie de carrière inégale, semble avoir retrouvé de l’ambition notamment depuis qu’ils s’est découvert d’étonnantes vertus de réalisateur, Robin Wright-Penn qui a conservé cette candeur dans le regard qui fit fondre, il y a des années de cela, Forrest Gump et Rachel McAdams qui, à chaque fois qu’elle sourit, donne envie d’avoir une copine geek. Allez le voir, c’est franchement bien foutu.

Billet paru sur le blog Theater of the Mind.

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