Publié par : Mehdi | novembre 8, 2009

Quoi ma gueule ?

Souvent, les comédiens déclarent qu’il est beaucoup plus intéressant pour eux d’interpréter un méchant au cinéma, de préférence un psychopate complètement sadique histoire de pouvoir laisser libre cours à leur imagination et de réellement s’éclater. Certains acteurs semblent justement faits pour ça, gueule de l’emploi oblige. Qu’ils aient un faciès flippant, un rictus angoissant ou un regard perçant, ils seraient capables de nous faire rebrousser chemin si on venait à les croiser à minuit dans une ruelle peu éclairée. Gros plan sur quinze d’entre eux.

15. Tommy Lee Jones
img_3
Finalement, sa seule véritable occasion d’interpréter un méchant au cinéma aura été « Batman forever » et sa (piètre) interprétation de Double-Face qu’il a plus fait passer pour une mauvaise imitation du Joker que pour un homme politique brisé et assoiffé de vengeance. Au contraire, le cinéma a souvent vu en lui la figure du bon américain qui en a vu d’autres (« Dans la brume électrique »), homme d’honneur (« Le fugitif ») fonctionnant à l’instinct(« Space cowboys »). Dommage car nul doute que son air bourru et sa tête de Texan prompt à cacher toute une artillerie sous son lit aurait pu faire un tabac s’ils avaient été utilisés différemment. Ceci dit, dans tous ses films, qu’il joue un shérif ou un marshall, il arrive toujours à insuffler ce petit je-ne-sais-quoi qui rend ses interlocuteurs constamment méfiants, bien conscients qu’il pourrait leur faire une crasse à tout moment.

14. Robert Knepper
robert-knepper
Depuis qu’il a crevé l’écran en T-bag dans « Prison Break », le cinéma ne pouvait pas continuer à l’ignorer. Psychopate homosexuel aux tendances cannibales, T-bag était du pain béni pour Knepper qui a littéralement habité le rôle (enfin jusqu’à ce que les scénaristes réduisent l’intérêt de son personnage à néant dans la dernière saison) en lui conférant une allure reptilienne définitivement troublante. Au cinéma, il semble condamner à interpréter des rôles de salopards obsédés par des chauves (« Hitman », « Le transporteur 3 »). Pourquoi pas.

13. Tchéky Karyo
18839639_w434_h_q80_250
LA tête de flic pourri. Retrouve toi en garde à vue face à lui et tu n’oseras même pas sortir de chez toi avec tes lacets défaits. Peu importe qu’il ait interprété le répertoire classique (Othello, Tartuffe) dans sa jeunesse, Tcheky Karyo restera l’indéboulonnable flic des productions Besson, de « Dobermann », de « Crying freeman » et la pourriture sans nom du premier « Bad boys ». Affublé en prime d’une voix complètement déshumanisée, ce type fout la frousse.

12. Jon Voight.
El Capitain
S’il avait une tête de nazi dans sa jeunesse, la vieillesse lui donne une allure de juge corrompu jusqu’à la moelle. Républicain de surcroît. Aux moeurs bizarres. Qui a sûrement des dizaines de comptes cachés au Luxembourg. Qui va à l’Eglise tous les dimanches et se marre devant « Dirty Harry ». Répudiant sa fille parce qu’elle aime bien le dernier morceau des Black Eyed Peas. Qui a engrossé une dizaine de femmes au Vietnam, à chaque fois contre leurs volontés. Nan, vraiment, Jon Voight n’est pas crédible en tant que père d’Angelina Jolie.

11. Kathy Bates.

Kathy Bates est capable, en quelques expressions, de nous faire oublier son physique de nounou adorable. Au contraire, on sent qu’elle enverrait valser tout gamin qui chercherait du réconfort dans ses jupons. Même dans « Les noces rebelles » où elle joue une simple voisine bien sous tous rapports, elle dégage une fragilité qui se rapproche de l’instabilité. Armé d’un sourire faussement rassurant, elle saurait mettre mal à l’aise n’importe quel interlocuteur.

10. Gary Oldman
1178052435_af2314ca4b
Terroriste russe dans « Air force One », gangster sans pitié face à Jean Réno (« Léon »), désireux de dominer le monde dans « Le cinquième élément », dealer dérangé dans « True romance », docteur illuminé dans « Perdus dans l’espace », Lee Harvey Oswald himself dans « JFK », interprète historique de « Dracula » pour Coppola… Les directeurs de casting ne s’y sont pas trompés : avec son physique à la fois passe-partout et mystérieux, Gary Oldman est le désaxé parfait.

09. Dennis Hopper
dennis_hopper_haut
Réputé infréquentable à Hollywood pendant plusieurs années, sa carrière doit finalement son salut au classique « Easy rider », film libertaire qu’il a lui-même réalisé. Plus jeune, Dennis paraissait plutôt cool. Contre la guerre, pour la drogue, photographe à ses heures perdues… Dennis Hopper était en fait un foutu hippie. Et puis, vous connaissez l’histoire, les années passant on commence à se droitiser gentiment jusqu’à soutenir publiquement des mecs qui pèsent comme Reagan ou Bush (père et fils). Ses convictions politiques ont, en quelque sorte, rattrapé son physique de militaire aigri.

08. Donald Sutherland.
donald
Encore plus flippant que son fils qui est pourtant l’interprète de ce fasciste de Jack Bauer. Mais si Kiefer a besoin d’avoir recours à la force pour se faire comprendre, Donald, lui, est le vice incarné. Une tête de fouine, un regard vitreux et, surtout, un sourire mortel. Sincèrement, imaginez la chose la plus terrifiante qui soit, un monstre, un virus, un député de « Chasse Pêche Nature Traditions », bref ce que vous voulez. Imaginez ensuite que cette chose puisse sourire. Forcément, elle aurait le sourire de Donald Sutherland.

07. Steve Buscemi.
220px-Steve_Buscemi
Parfois, les personnages dépassent complètement les comédiens. Prenez Steve Buscemi, tout le monde croit qu’il est complètement taré, la faute à une filmographie ponctuée régulièrement de personnages aux réactions…inattendues. Steve Buscemi c’est aussi des cheveux gras, des yeux globuleux et une tête de crétin fini prêt à n’importe quoi pour se rendre intéressant.

06. Robert Davi
robert-davi_jpg_595x325_crop_upscale_q85
Une peau rongée de l’intérieur, une carrure de vigile, un regard de boxeur… En fait, Robert Davi c’est Tommy Lee Jones en plus moche. Il représente surtout l’antithèse parfaite du beau-père idéal. Même si sa fille s’appelait Scarlett Johansson, qu’elle était folle de vous et prête à vous suivre au bout du monde, ne la touchez pas. Vous ne savez pas de quoi il est capable.

05. Gary Sinise.
sinise
Parfois, il faut saluer le travail bien fait. Pour le coup, les responsables du casting de « Snake eyes » de De Palma méritent un big up. En offrant à Gary Sinise le rôle d’un chargé de la sécurité ambitieux, traître et outrancièrement violent, ils ont synthétisé tout ce que son physique inspire au premier regard : la lâcheté. Cerise sur le gateau, il a soutenu McCain pendant la dernière campagne présidentielle.

04. James Woods
tn2_james_woods_3
On passe à l’échelon supérieur avec James Woods. Sorte de croisement entre Robert Davi (pour la vilaine peau), Donald Sutherland (pour le sourire vicieux), Jon Voight (pour la tête de notable malveillant) et Dennis Hopper (pour ses convictions politiques), il ne fait pas de doute que James Woods est un type méchant.

03. Gene Hackman.
gene-hackman1
Le genre de type qui ne sourit que quand il t’a entubé. Je me souviens même qu’une fois, en colonie, j’avais surnommé Gene Hackman un gars qui ne souriait jamais. Bon, je ne lui avais pas dit en face mais l’idée était là. Tête de shérif, pattes de bûcheron, Gene Hackman n’a pas l’air commode. Et sa proximité avec Clint Eastwood laisse penser que, lui aussi, est un méchant républicain. Parfait.

02. Michael Ironside.

Un génie du mal, assurément. Michael Ironside, c’est un petit peu la version humaine de Cortex. Pour moi, il restera toujours la pourriture avec laquelle Sharon Stone trompait Schwarzy dans « Total recall ». Ceci dit, son interprétation du Général Katana dans « Highlander 2 » vaut également le détour. Ironside peut jouer absolument toutes sortes de bad guys, la seule condition étant évidemment qu’ils soient pourris. Sa calvitie et ses accents circonflexes en guise de sourcils étant une aide considérable.

01. Willem dafoe.
Berlinale+2008+Fireflies+Garden+Press+Conference+2haG928K-HIl
Mais qu’est ce que c’est que cette gueule ? Un visage anguleux comme on n’en fait plus, un bec énorme, une coupe d’obscurantiste, un regard glacial… Et pourtant, le cinéma ne lui a pas tant offert que ça de rôles à la hauteur de son potentiel psychopate. Il y a bien eu « Speed 2 » mais, pour des questions de principe, on ne parlera pas de ce film. Finalement, ce sont les patrons Sam Raimi & David Lynch qui ont le mieux cerné le personnage. Le premier dans les « Spiderman », le deuxième à l’occasion de « Sailor & Lula » en lui permettant d’interpréter l’énigmatique et terrifiant Bobby Peru. Toutefois, certains choix complètement barrés de Willem Dafoe (interpréter Jésus pour Scorsese, jouer dans le dernier Lars Von Trier) tendent à confirmer que cet homme est conscient de ce qu’il dégage.

Et vous, quels sont les acteurs capables de venir alimenter vos cauchemars ?

Billet paru sur le blog Theater of the Mind.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :