Publié par : Mehdi | novembre 8, 2009

Rencontre avec Marsha Kate.

itemAu fil de l’interview qu’Aelpeacha nous avait accordé, nous avions compris qu’il était un homme occupé, toujours à bosser sur différents projets en même temps. L’un de ceux qui l’accapare en ce moment étant justement la réalisation et la production de l’album d’une jeune chanteuse nommée Marsha Kate. Quand il nous propose de la rencontrer, nous y allons, forcément curieux de découvrir cette voix. Rapidement, on comprend que, si elle n’a encore rien sorti d’officiel, Marsha Kate n’a rien d’une novice. Tombée dans la musique dès son plus jeune âge, elle chante depuis toujours. Après avoir écumé les scènes et être apparue sur un grand nombre de projets, elle veut passer au stade supérieur et, entre deux déplacements professionnels (elle revenait de Venise où elle a chanté pour le mariage de François-Henri Pinault et Salma Hayek),prépare sérieusement son avenir. Rencontre avec une chanteuse qui sait où elle va.

Abcdrduson : Est-ce que tu peux te présenter ?

Marsha Kate : Alors moi c’est Marsha Kate. Ce sont mes vrais prénoms en fait. Par contre, je ne te dirai pas celui qui va au milieu normalement [sourires]. Je suis une chanteuse qui fait essentiellement de la soul. On dira que je fais du R&B mais je préfère parler de Rythm’n’Blues. Je suis en train de préparer mon projet perso avec Aelpeacha, qui produira sur le projet, et Supa John. Sinon, j’ai accompagné pas mal d’artistes pour des chœurs. J’étais présente sur certains albums d’Aelpeacha, j’ai fait la dernière tournée de NTM, Kenza Farah, Pierpoljak… Et j’apparais également pas mal dans des orchestres internationaux et des spectacles faits un peu sur mesure comme les « Dreamgirls ». Ce qui est important c’est que je considère ça comme mon métier même si ça peut paraître étonnant de dire ça en 2009. Ca fait dix ans que j’y suis et je suis un petit peu tombée dedans quand j’étais petite en plus.

A : Tu peux nous en dire plus là-dessus ?

M : Mon père était musicien et maintenant ingénieur du son. Il était animateur sur une radio qui s’appelait canal 102 pour une émission intitulée « Crème de marrons » dans laquelle il reprenait tout ce qui était soul, funk, rythm’n’blues…Du coup, je suis née là-dedans. Il y a aussi ma maman qui est parolière qui a beaucoup travaillé pour des émissions, des films, des dessins animés…Une famille d’artistes [sourire].

A : Quelle forme aura le projet dont tu m’as parlé tout à l’heure ? Il s’agira d’un premier album ou d’une simple carte de visite ?

M : Un peu des deux. En tout cas, ce sera un album pas une street-tape ou une mixtape [sourire]. D’ailleurs, ce types de projets n’existe pas que dans le rap mais aussi dans la soul maintenant étant donné que c’est moins couteux. Personnellement, j’ai envie de faire un vrai album.

A : Pour se faire une petite idée, tu peux nous parler de tes influences ?

M : Commençons par le début : Chaka Khan, Patti Austin, Aretha…Pour ne citer qu’elles. Aujourd’hui, il y a Jill Scott, Erykah Badu, Angie Stone, Mary J dont le dernier album retrouve un peu la vibe de ses premiers opus… Quand je vais voir Mary J en concert, c’est fou…

A : Là, il s’agit d’influences exclusivement américaines. En France, est-ce qu’il y a des artistes dans cette vibe que tu apprécies aussi ?

M : Honnêtement, il y en a plein. Il y a une scène soul à Paris qui, d’ailleurs, se produit exclusivement au Bizz’Art [rire]. Je ne pourrai pas citer tout le monde mais il y a plein de chanteurs talentueux. Sandy Cossett, Eric Filet, Stéphane Filet, That’s soul…Je pense qu’il y a un sérieux blocage avec cette musique en France. On nous met dans une toute petite case alors qu’il y a pourtant un nombre incroyable d’artistes. A côté de ça, il va y avoir un engouement du public français pour certains artistes comme Amy Winehouse ou Chrisette Michelle. Majoritairement parce que ça chante en anglais. On nous dit souvent que la soul française n’a pas le niveau… Regarde les Nubians. Non seulement, c’est de la soul française mais, en plus, elles n’ont pas vendu en France mais ont vendu aux U.S.A. Aujourd’hui, elles font carrément des tournées aux Etats-Unis. Donc, il y a quelque chose de bizarre avec cette musique ici. Maintenant, quand tu allumes ta radio, tu vas souvent entendre ce que j’appelle du « R&B à la grenadine ». Les morceaux ont tous la même couleur, c’est pas du R&B au sens où on l’entend à la base…Après, il faut savoir ce qu’on met derrière R&B justement. Est-ce qu’on parle de Rythm’N’Blues ou d’un nouvel R&B ? On peut aimer les Destiny’s Child mais ce n’est pas du Rythm’N’Blues. A un moment, pour définir ce nouvel R&B justement, on a parlé de New Jack. C’était comme ça qu’on parlait de Usher quand il a commencé. Aujourd’hui, le terme n’est plus utilisé sauf sur les flyers de soirée axée sur des sons à l’ancienne. Pourtant, sur les ondes, il y a encore énormément de New Jack ce qui est communément appelé R&B ou New Soul.

A : Quelle couleur tu veux donner à ce premier album ?

M : Même si j’ai évidemment des envies, pour l’instant il n’a pas vraiment de couleur définie. On est en train de voir quelle direction on lui donne. C’est vrai que je commence à être assez pressée. J’ai assez chanté pour les autres, j’aimerai bien le faire pour moi [sourire]. Ceci dit, on prend le temps parce que je veux que ça soit bien fait.

A : On te sens quand même très déterminée par rapport à la musique…

M : Ah je ne chante pas que dans ma salle de bains le matin. Comme je te le disais c’est un métier et quand je me lève le matin pour aller travailler c’est pour aller chanter. C’est une passion mais c’est aussi mon gagne-pain.

A : Justement, l’époque ne te fait pas peur ? Les ventes de disque se cassent la gueule, il y a le téléchargement qui suscite bon nombre de réactions…Bref, ça ne paraît pas simple de vivre de la musique aujourd’hui.

M : C’est compliqué de vivre de la musique, c’est clair. Mais j’ai presque envie de dire que c’est compliqué pour tout le monde. Aujourd’hui, que tu sois chanteur, boulanger ou je ne sais quoi, assurer tes arrières est devenu plus difficile que dans le passé. Après, là où je n’ai pas peur, c’est qu’on ne pourra jamais se passer de musique. Tant les musiciens que monsieur et madame Toutlemonde. Tout le monde a besoin de musique. Un peintre aime bien avoir sa petite musique classique en fond. Mon grand-père était boulanger et je te garantis que, tous les jours, à 4 heures du matin, c’était la musique qui le motivait [sourire]. Et puis, sortir des disques c’est une chose mais je pense qu’aujourd’hui l’essentiel pour un artiste, c’est les concerts. En tout cas, l’avenir ne me fait pas peur.

A : Tu as accompagné pas mal de gens et fait beaucoup de scènes. Est-ce que tu as des anecdotes particulières à nous raconter, des bons souvenirs à partager ?

M : Je n’ai que des bons souvenirs. Même quand une coupure d’électricité arrive en plein concert, c’est terrible parce que ça te met en danger. Le concert prend une autre direction et c’est super bien. C’est arrivé pendant un concert de Pierpoljak et on commencé à chanter a cappella. On est parti dans une vibe complètement différente qui a fait plaisir au public d’ailleurs. NTM, c’était énorme également. Honnêtement, dès qu’ils montent sur scène, on n’est plus sur terre. D’ailleurs, pendant une des dates, la scène s’est cassée en deux [rire]. Je crois que c’était dans le nord et c’est arrivé pendant le morceau ‘Carnival’ de Joey. A un moment, Joey dit aux gens d’avancer, de reculer, d’aller à droite, à gauche et les gens avancent jusqu’à faire tomber les barrières de sécurité. Déjà, les vigiles faisaient la gueule. Même après ça, Joey continue de dire aux gens d’avancer. Après, sans que je sache exactement comment, il y a quelque chose qui tenait la scène qui s’est déboité. La scène s’est cassée en deux. Aucun des artistes n’est tombé mais c’était assez marrant à voir. En tout cas, scéniquement, NTM c’est exceptionnel à voir.

A : Est ce que tu caresses le rêve d’exporter ta musique ?

M : Grave [sourire]. Je née à Maisons Alfort, j’ai toujours vécu à Paris et j’ai envie que ma musique voyage. J’aime bien la France mais ça reste petit.

A : Justement, toi tu souhaiterais signer en maison de disques ou au contraire tu préfères la voie de l’indépendance ?

M : Je fais largement le choix de l’indépendance. Avant, signer en majors ou en maison de disques équivalait un peu à faire le choix de la sécurité. Ca n’est plus le cas. Les majors ont tué énormément d’excellents artistes en arrêtant de prendre des risques. Etre signé en major aujourd’hui ne veut plus dire grand chose. En tout cas, je prône l’indépendance et je préfère justement construire avec mes producteurs plutôt que d’être en major et de voir des mecs se prendre la tête sur la couleur d’une photo. Il y a des choses plus importantes à faire quand tu veux développer un artiste.

A : On peut imaginer ton album sortir via 187prod ?

M : Pourquoi pas ? Je suis chanteuse, pas productrice. J’irai avec le premier qui me proposera de faire voyager ma musique. Honnêtement, je préfère ne pas avoir de thunes et voir ma musique bouger plutôt que le contraire.

A : Est-ce que tu as une dernière chose à dire, un message à faire passer ?

M : Faire vivre la musique de plus en plus, qu’on ne leur donne pas le choix [sourire]. Il ne faut pas qu’on arrête d’envoyer du son, tout le temps. Et pas de R&B à la grenadine ! [sourire].

Myspace de Marsha Kate

Billet paru sur le blog de l’Abcdrduson.

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