Publié par : Mehdi | novembre 8, 2009

Science fiction ain’t dead !

Deux films de science-fiction sont actuellement dans les salles. Deux films qui généraient une énorme attente et qui ont tous deux mobilisé d’importantes sommes d’argent. Mis à part ça, peu de choses en commun entre « X-Men origins : Wolverine » et « Star Trek ». Passage en revue express’ de deux des plus gros événements cinématographiques de l’année.

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Star Trek
Réalisation : J.J Abrams.
Distribution : Chris Pine, Zachary Quinto, Eric Bana, Zoe Saldana, Simon Pegg, Winona Ryder…
Scénario : Alex Kurtzman & Roberto Orci.
Synopsis : L’histoire est éminemment simple : Nero, assoifé de vengeance, menace la survie de l’humanité. L’équipage du vaisseau spatial U.S.S Enterprise se doit d’empêcher ça. Jusqu’ici, tout va bien.

Il y a encore peu de temps, on pouvait compter sur les doigts d’une main les acteurs/réalisateurs/producteurs qui réussissaient leur passage du petit au grand écran. A ce titre, les cas de Georges Clooney et Will Smith font figure d’exceptions. Si le Docteur Ross a joliment négocié sa carrière, grâce notamment à sa rencontre décisive avec Steven Soderberg, combien ont au contraire déchanté ? Sarah Michelle Gellar, Jennifer Aniston, Matthew Perry et demain Wentworth Miller… Tous superstars à la télé et confinés à des rôles de seconde zone au cinéma. Pire, certains semblent même condamné à ne trouver grâce que sur le petit écran à l’image de Matthew Fox qui, dix ans après « La vie à cinq » et une poignée de tentatives ratées au cinéma, retrouve le succès via « Lost ». Il en va de même pour Alyson Hannigan, actrice de série par excellence, qui brille aujourd’hui dans « How I met your mother » quelques années après son second rôle dans « Buffy ».

Aujourd’hui, il n’est plus péjoratif de briller sur le petit plutôt que sur le grand écran tant les séries semblent avoir largement progressé. J.J Abrams, créateur de « Lost », « Alias », « Fringe » ou encore « What about Brian » symbolise assez bien le renversement de tendances qui a eu lieu ces dernières années. En plus de produire des programmes qui n’ont rien à envier à ceux qui sortent dans les salles obscures, les projets que J.J Abrams se voit proposer au cinéma comptent parmi les plus ambitieux. C’était « Mission Impossible 3 » hier, c’est « Star Trek » aujourd’hui. En prime, Zachary Quinto, Sylar dans la série « Heroes », interprète le rôle du jeune Spock.

Dans l’inconscient collectif, la franchise Star Trek a tout de l’institution qu’on respecte en vertu de ses succès passés mais à laquelle on ne prête plus attention depuis un bon moment. Vite passée ringarde durant les années 90, la série reste davantage célèbre pour les pyjamas qu’arboraient les personnages et les oreilles de Spock que pour sa flamboyance visuelle. Elle semblait définitivement passée de mode comme si elle appartenait à l’ancien temps de la science-fiction. Le gros défi des studios était donc de parvenir à redonner du peps à une franchise qui n’avait jamais réellement bien négocié son passage au grand écran. Pour ce faire, une astucieuse pirouette scénaristique a été trouvée : nous faire revenir, via une abracadabrante explication de dimension parallèle spatio-temporelle, à une époque dans laquelle Spock et Kirk ne savent pas encore qu’ils seront plus tard camarades d’équipage. Sans faire du film un prequel laborieux qui consisterait à poser les bases d’une franchise qu’on voit gros comme une maison (« Wolverine » je te vois) mais en développant une nouvelle histoire, presque parallèle à celle que l’on connaît déjà. Cette petite trouvaille va permettre au film de conserver un rythme exceptionnel tout le long.

« Star Trek » permet à Hollywood de renouer avec un genre que les studios américains avaient de plus en plus de mal à maîtriser ces derniers années : les divertissements grand spectacle. Ici, tout y passe : effets spéciaux hallucinants, humour permanent (apparition aussi réussie qu’inattendue de Simon Pegg, running gag autour de l’accent du jeune scientifique russe), rivalité virile entre Kirk et Spock, amour, vengeance… Le tout s’emboîte dans ce qu’on pourrait appeler une superproduction à taille humaine. Et en y réfléchissant bien, ça faisait un moment qu’on n’avait pas assisté à une telle réussite dans le genre.

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X-Men Origins : Wolverine
Réalisation : Gavin Hood.
Distribution : Hugh Jackman, Liev Schreiber…
Scénario : David Benioff d’après les personnages créés par Stan Lee
Synopsis : Comme le titre l’indique, on plonge dans les origines de Wolverine. Voilà, on ne peut pas faire plus explicite.

Le rythme de la trilogie X-Men allait déjà en decrescendo. Le premier épisode donnait une bonne présentation des personnages et de l’univers créé par Stan Lee. Le film de Bryan Singer était un bon film de science-fiction qui aurait simplement gagné à mettre en perspective une galerie plus étoffée de personnages. A partir du deuxième opus, le rythme a été un peu sacrifié au profit d’effets spéciaux plus nombreux et plus impressionnants. Pour finir avec un dernier épisode réalisé par Brett Ratner qui ne présentait finalement que peu d’intérêt. Pourtant, c’est un mec assez fun Brett Ratnet. Avec « Argent comptant », les trois « Rush Hour » et « Prison Break » dans sa besace, on pouvait légitimement le croire capable de redynamiser la franchise. Mais non.

La saga X-Men s’est achevée pour laisser la place à une autre : Wolverine. En effet, une suite est d’ores et déjà prévue pour 2010. Wolverine, c’est donc un focus sur le personnage le plus charismatique des X-Men et, surtout, sur un des acteurs les plus bankable d’Hollywood. Ici, tout est centré sur Hugh Jackman et Gavin Hood fait figure de réalisateur écran. L’impression que n’importe quel réalisateur de clips aurait pu prendre sa place derrière la caméra ne quitte pas le spectateur pendant le film. Gavin Hood en Kassovitz 2.0 ? Ca y ressemble en tout cas. Si « Mon nom est Tsotsi » n’avait pas la puissance visuelle de « La haine » cette histoire de jeunesse désorientée dans les quartiers de Soweto avait quelque chose de poignant et laissait entrevoir de belles promesses pour son réalisateur. Qui a succombé aux sirènes d’Hollywood et décidé de faire un film alimentaire. Soit.

« X-Men Origins : Wolverine » emprunte peu ou prou les mêmes recettes que « Star Trek » : dépoussiérage d’une célèbre franchise, héros charismatique, rivalité virile, histoire d’amour, bonne dose d’humour, beaucoup d’effets spéciaux… Avec simplement moins de subtilité.
Prenons la relation conflictuelle entre Hugh Jackman et Liev Schreiber. Pas assez développée, elle n’est jamais réellement crédible et on a davantage le sentiment d’assister à des chamailleries entre camarades de colonies de vacances qu’à de douloureuses disputes fraternelles. Pire, l’un des supposés points forts du film que sont les effets spéciaux ne tient pas ses promesses et la scène finale, supposée être un grand moment de bravoure, tombe tristement à l’eau.

Finalement ? : Vous pouvez zappez « Wolverine » la conscience tranquille et allez vous délecter de « Star Trek » qui s’octroiera forcément une place de choix dans nos classements de fin d’année.

Billet paru sur le blog Theater of the Mind.

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