Publié par : Mehdi | novembre 29, 2009

Une semaine de concerts dans le 18ème

Enfin une semaine, il faut le dire vite. Disons que l’on va s’intéresser à trois des gros concerts parisiens qui ont rythmé le XVIIIème arrondissement cette semaine. Rappel des faits : Snoop donnait un concert (a priori) exceptionnel à l’Elysée Montmartre mercredi 25 novembre. Le lendemain, à une centaine de mètres, Booba faisait son Autopshie show à la Cigale, concert qui était retransmis en direct sur le site de Canal +. Enfin, toujours à la Cigale, Youssoupha prenait le relais vendredi dans une salle qu’il affectionne tout particulièrement (ne disait-il pas qu’il était passé de « l’illégal à la Cigale à guichets fermés »).

Round 1 : Snoop à l’Elysée Montmartre

Allons droit au but : Snoop est arrivé sur scène à 22H09 et s’en est allé à 23H05. Je vous laisse faire le calcul mais vous comprendrez aisément qu’une bonne partie du public était relativement déçue de la tournure des événements. Si on met sa prestation en parallèle du faux bond qu’il a fait au Grand Journal (alors qu’il était attendu chez Denisot, Snoop se serait endormi à l’hôtel), on se dit qu’il avait sûrement la tête ailleurs ce mercredi.

Et pourtant, tout commençait bien. Enfin, là encore, il faut le dire vite. En effet, les spéculations sur qui ferait la première partie de Snoop sont allées bon train. Les choses se présentaient bien au départ puisqu’on annonçait Mayer Hawthorne. On a commencé à déchanter lorsque Black Barbie était pressentie pour remplacer l’auteur de ‘The Ills’. Finalement, on ne sait pas vraiment qui va avoir la lourde tâche d’ouvrir pour Snoop. Et puis, sans que l’on s’y attende, c’est le membre de Soundkail, Dragon Davy, qui déboule sur scène. Energique et bien reçu par le public, Dragon Davy aura fait le taf de manière honnête. Une petite demi-heure dynamique avec pour principale fonction d’annoncer son album qui arrivera début 2010 dans les bacs.

Place ensuite à Snoop. Enfin, vous connaissez la chanson, il faut le dire vite. On attendra un peu plus d’une heure avant de voir le chien longiligne pointer le bout de son museau. Soyons corrects, son show était on ne peut plus carré. A son actif, une prestance unique (Snoop retire ses lunettes et c’est toute la salle qui hurle de joie) et une flopée de tubes planétaires. Parce que plus que ses grands classiques, ce sont ses hits des années 2000 que Snoop a privilégiés : ‘That’s that’, ‘Beautiful’, ‘Drop it like it’s hot’, ‘Signs’ et même ‘I wanna rock’, single explosif de son album à venir « Malice N Wonderland ». Les plus nostalgiques se contenteront d’un medley regroupant de manière plutôt efficace ‘Deep cover’, ‘What’s my name’, ‘Gin & Juice’ ou encore ‘Nuthin but a G thang’. Sympathique.

Pas de doutes, Snoop est excellent sur scène. Seulement, impossible de se défaire de la fâcheuse impression qu’il a préféré dérouler tranquillement plutôt que de transpirer un minimum. Ce qui est d’autant plus dommage quand on sait que le prix des places était fixé à 60 euro. Finalement, le héros de cette soirée, c’est bien lui.

Round 2 : Booba à la Cigalle.

Cette fois, je n’étais pas sur place mais grâce à la technologie, j’ai tout de même pu voir ce concert en direct. Bonne initiative que celle des mecs de Canal Street qui ont permis à tous ceux qui n’avaient pas pu avoir de places de voir ce que Booba donnait en concert. Comme toute entreprise de ce genre, on se demande toujours si ça va fonctionner, si un bug de dernière minute ne vas pas tout faire planter. Force est de reconnaître que ça fonctionnait plutôt bien (quelques bugs de temps en temps mais une actualisation de la page et c’était reparti) et qu’ils ont eu l’excellente idée de mettre un chat en dessous de la vidéo. Chat sur lequel on pouvait se connecter via facebook. Et là, ça devient tout de suite très drôle. Très drôle de voir un tel déchaînement de passion de la part de personnes qui clament haut et fort détester Booba mais qui, malgré tout, restent jusqu’à la fin du concert. « Peu importe qu’ils me haïssent, pourvu qu’elles m’aiment » qu’il disait. Il fallait d’ailleurs se méfier car lorsqu’on participait au chat, ce qu’on disait pouvait apparaître sur notre page facebook si l’on ne décochait pas une option. J’imagine que certains ont du avoir de mauvaises surprises.

Et le concert dans tout ça ? Tout d’abord, et c’était prévisible, l’intitulé du concert, « Autopsie show », est respecté à la lettre. Il faut comprendre par là que l’essentiel des morceaux joués sont issus d’« Autopsie Volume 3 », aussi bien les morceaux de Booba (‘A3’, ‘La vie en rouge’, ‘Rat des villes’, ‘On contrôle la zone’ ‘Double poney’) que ceux des invités qui ont fait le déplacement pour l’occasion. Il y avait donc Unité Spéciale, Dosseh, Despo Rutti (qui en un morceau a dû beaucoup plus transpiré que Booba pendant tout le concert, d’autant qu’il avait un cuir sur le dos), Seth Gueko ou encore Humphrey qui sont venus épauler le Duc. On regrettera seulement qu’ils n’aient pas eu le temps d’explorer le reste de leurs répertoires personnels. Ils ont chacun fait le titre présent sur « Autopsie Volume 3 » et s’en sont allés immédiatement, laissant ainsi la place à la vedette de la soirée accompagné des indéboulonnables Mala et Bram’s. Le show complet durant 1 heure, ils ont pu s’attaquer aux principaux succès de B20 (‘Boulbi’,’B20BA’, Le duc’, ‘Garcimore’ etc) sans pour autant remonter plus loin que ‘Numéro 10’. Aucun titre de « Temps mort » ou de « Mauvais Œil » donc.

Il y a à peu près 1 an, j’avais eu l’occasion d’aller voir Hocus Pocus en concert qui avait majoritairement joué des morceaux issus de « Place 54 », album sympathique au demeurant mais quelque peu ennuyeux sur la longueur et que j’avais surtout trouvé beaucoup moins percutant que « 73 touches ». Malgré ma réticence, j’avais passé une excellente soirée notamment parce qu’ils avaient su donner une autre ampleur à des morceaux a priori anecdotiques. Avec Booba, c’est exactement l’inverse qui se produit comme s’il n’était finalement qu’un rappeur de studio. Ses morceaux les plus épiques (‘Le duc de Boulogne’) sont interprétés avec le même ton monocorde qui caractérise la plupart de ces interviews et on le soupçonne de ne pas faire ‘Illégal’ pour éviter d’avoir à réciter le second couplet beaucoup plus rapide que ce qu’il fait dernièrement. Pire, Booba reste, quoi qu’il arrivé, imperméable et totalement de de glace devant une foule qui se trouvait pourtant être en feu. Bref, on est généralement content lorsqu’un morceau se lance avant de déchanter et de s’en lasser très rapidement. Et ça n’est pas DJ Medi Med et ses bruits de flingues et autres kalash qui aura arrangé les choses.

Le 92 I sur scène c’est donc trois mecs qui restent plantés ensemble au même endroit de la scène le temps d’un morceau entier. Ceci dit, leur prestation pose quand même deux questions :
– Mala est-il le meilleur backeur de tous les temps ? Même s’il semblait en sérieuse difficulté pendant son solo (‘Bienvenue’), l’entendre prononcer les fins de phases de Booba est un vrai plaisir. Usant à merveille et sans complexe de sa voix désaccordée, il apporte le zeste de folie nécessaire à un show beaucoup trop rigide.
– Comment Bram’s s’est dit qu’il fallait à toux prix qu’il se pointe avec une canne sur scène ? Quel a été son raisonnement ? Qui lui a donné cette idée ? Ca restera un mystère. Toujours est-il que le voir crier « Abracadabra » sur ‘Garcimore’ en pointant sa canne comme s’il s’agissait d’une baguette magique reste un des meilleurs moments de la soirée.

Round 3 : Youssoupha à la Cigale.

Après ces deux concerts en demi-teinte, il fallait quelqu’un pour redresser la barre. On n’aurait pas forcément misé sur Youssoupha en homme providentiel. On aurait eu tort.

Lors de notre récente rencontre, l’autoproclamé MC Jack Bauer nous disait à quel point il était impatient de revenir sur scène et de retrouver son public. Il faut voir la ferveur avec laquelle il a occupé la scène pendant plus de 90 minutes pour saisir la force de ses propos. Bien plus qu’un simple enchaînement de morceaux, Youssoupha a proposé un véritable show, préparé et savamment orchestré. Au programme :
Une apparition de Médine qui a fait ‘Besoin de révolution et ‘Don’t Panik’.
– Un hommage à Michael Jackson.
Un saut dans le public.
Une dédicace de rigueur à Eric Zemmour sur l’instru de ‘Break ya neck’.
– Une complémentarité parfaite avec Sam’s qui s’amuse avec les BPM sur ‘Les apparences nous mentent’.
– La montée de sa petite nièce qui vient l’épauler pour ‘Macadam’.
Une prestation maîtrisée de bout en bout qui, à la vue d’un public qui connaissait chaque texte sur le bout des doigts, nous fait réaliser que Youssoupha a déjà un répertoire conséquent, se permettant même de ne pas faire ‘Eternel recommencement’ en entier. Une excellente soirée donc qui redressait nettement la barre après le tandem Snoop/Booba.

P.S : Je n’aurai pas échappé à Black Barbie qui, entre autres rappeurs, assurait la première partie de Youssoupha.

Billet paru sur le blog du site abcdrduson.com.

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